Voici un petit sujet sur les différentes façons de préparer un verre d’absinthe à l’aide d’antiquités – ou de reproductions modernes – tout en s’appuyant sur des documents d’époque.
1 – Les carafes et les pichets
Bien entendu, l’utilisation d’une carafe à absinthe remplie d’eau glacée était la méthode la plus populaire – et la plus ancienne – pour se préparer un verre d’absinthe au 19ème siècle ; il existe des dizaines de photos et dessins d’époque le montrant.
Les pichets étaient moins largement utilisés, en particulier dans les bistrots mouvementés, du fait de leur fragilité. Cela dit, nous avons retrouvé bon nombre de pichets qui étaient spécialement dédiés au rituel de l’absinthe et référencés en tant que tels dans les catalogues de 1900.

Les plus connus sont les pichets (ou « brocs ») en grès de forme animalière, on retrouve par exemple des chiens, des loups, des singes, des lions, des chevaux, des cigognes, des sauterelles, des canards, ou même des cochons.

Les moins connus (dans le domaine de l’absinthe) sont les pichets en barbotine à tête d’homme. Un magnifique exemplaire est visible dans la section Carafes & Topettes d’Absinthe Originals.

2 – Les brouilleurs (ou brouilles-absinthe)
Selon certains historiens, les brouilleurs sont apparus avant la fameuse cuillère à absinthe; probablement au milieu des années 1800.
L’utilisation d’un brouilleur simplifie la vie, il fait tout le boulot pour vous ! Vous le placez sur un verre d’absinthe, vous y ajoutez du sucre, de la glace et de l’eau, et tout ce qu’il vous reste à faire est de regarder le goutte à goutte troubler votre absinthe..

Deux types de brouilleurs étaient communément utilisés à la Belle Époque : en métal ou en verre.
Les brouilleurs en métal comportaient un, trois, quatre, ou même six trous, offrant un goutte à goutte multiple très plaisant à regarder.

Contrairement aux brouilleurs en verre de Tarragone (Espagne), les brouilleurs en verre français du 19ème siècle sont plutôt difficiles à trouver ; il semblerait qu’ils n’aient pas survécu au 20ème siècle.



Oui je sais, je suis un super dessinateur !
Inutile de revenir sur les cuillères, j’avais écrit un petit sujet sur elles en avril.
Tout comme les brouilleurs, les fontaines à eau (injustement appelées « fontaines à absinthe ») font tout le boulot pour vous, mais aussi pour vos amis car, dans la plupart des cas, elles sont équipées de deux, quatre, ou même six robinets.

Les fontaines à absinthe d’époque sont des objets très convoités, elles figurent parmis les plus beaux accessoires créés spécialement pour le rituel de l’absinthe, mais sont aussi les plus fragiles, d’où le peu d’exemplaires en circulation aujourd’hui et leurs prix très élevés.Les plus abordables (comptez de 400 à 800 euros selon l’état) sont les fontaines d’après 1915 communément appelées fontaines à anisés. Du fait du succès du rituel de l’absinthe à la grande époque, certains des accessoires ont continué à être utilisés après l’interdiction de l’absinthe en 1915, dont les cuillères à trous et les fontaines à eau qui ont connu encore de beaux jours jusque dans les années 40.

Mais il existe d’autres méthodes – certes moins populaires – pour se préparer un verre d’absinthe, dont celle montrée ci-dessous ;–)

UNE BONNE VERTE
– Y en a que ça gêne quand il pleut; moi je trouve ça bien agréable de voir sa petite verte se faire toute seule, et puis au moins, je suis certain que ce n’est pas de l’eau de Seine, rapport aux microbes !
(Marie-Claude Delahaye – L’Absinthe – Ses dessinateurs de presse)

